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Annonce de fin de campagne : BLOODSTAR, le chef-d’œuvre de Richard CORBEN, d’après Robert E. HOWARD.

Bonjour à tous,

Pour commencer, nous souhaitons à nouveau vous remercier pour votre soutien et votre  enthousiasme lors de cette campagne destinée à redonner vie à BLOODSTAR, le chef-d’œuvre de Richard CORBEN, d’après Robert E. HOWARD.

Disparue depuis 40 ans, cette merveille tant attendue sera bientôt entre vos mains dans une édition qui se veut la plus respectueuse possible du travail original de l’artiste et dans son superbe noir et blanc d’origine, proposé ici pour la première fois aux lecteurs francophones.

Pour faire un petit point sur la situation : dès la fin de la campagne, nous nous sommes plongés dans la préparation de la logistique afin de pouvoir vous envoyer rapidement vos exemplaires dès que nous les recevrons de l’imprimeur.

A ce sujet, l’imprimeur nous a informés que les livres sortiraient de ses ateliers d’ici demain, nous pouvons espérer les recevoir en fin de semaine prochaine. Ensuite il y aura un délai de traitement informatique avant que notre partenaire puisse gérer la manutention et les envois. Nous vous communiquerons les délais de livraison très prochainement, mais vous devriez recevoir votre commande avant la fin du mois de novembre.

Parallèlement, nous avons aussi échangé avec les libraires qui nous ont soutenus et sont partenaires de cette campagne et chez qui vous pourrez récupérer dans des délais encore plus rapides vos livres en main-propre.

Ces libraires sont :

Pour récupérer vos livres chez eux, vous pouvez dès à présent nous contacter (soit en nous envoyant un message sur KissKissBankBank, soit par mail à laurent@labeldelirium.com) en nous précisant la librairie de votre choix et en nous rappelant votre commande.

Comme nous vous le disions plus haut, cette méthode d’acheminement sera encore plus rapide, et vous pouvez la prévoir pour la première partie du mois de novembre.

Voilà, nous sommes bien sûr à votre disposition si vous avez des questions ou besoin de plus d’informations. De notre côté, nous vous communiquerons aussi toutes les avancées sur l’acheminement de BLOODSTAR jusqu’à ce qu’il soit enfin chez vous !

A très bientôt,

L’équipe DELIRIUM

BLOODSTAR, le chef-d’œuvre de fantasy de Richard CORBEN d’après Robert E. HOWARD

Epuisé depuis 40 ans mais jamais réédité depuis, voici enfin BLOODSTAR, le chef-d’œuvre de Richard CORBEN réalisé en 1975, inspiré de l’œuvre de Robert E. HOWARD, pilier fondateur de la Fantasy.

Visuels de l’offre BLOODSTAR: Edition Limitée avec tiré-à-part, cartes postales et marquepages

Après presque dix ans de recherches et de négociations pour retrouver les ayants-droits et le matériel original, nous sommes enfin en mesure de vous proposer cette œuvre magnifique souvent considérée, y compris par l’auteur lui-même, comme l’une de ses plus belles créations, mais aussi comme l’une des meilleures adaptations jamais réalisées d’une œuvre de R. E. HOWARD.

Grâce à cette campagne, nous allons réaliser ensemble une édition luxueuse à la hauteur de ce sublime « roman graphique » conçu par Richard CORBEN et vous le proposer dans son magnifique Noir et Blanc et niveaux de gris d’origine, directement restauré à partir du matériel original par le spécialiste passionné José VILLARRUBIA, et tel qu’il n’a jamais été publié à ce jour en France.

Accès à la campagne (démarrage le 6 septembre à 18h) :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/bloodstar-le-chef-d-oeuvre-de-fantasy-de-richard-corben-d-apres-robert-e-howard


LE PITCH :

BLOODSTAR est inspiré de la nouvelle La Vallée du Ver, de Robert E. HOWARD, initialement publiée en février 1934 dans le magazine « pulp » WEIRD TALES.

Transposée par CORBEN dans un univers post-apocalyptique où les hommes sont retombés dans la barbarie et ont oublié toute trace de notre civilisation, cette œuvre raconte l’épopée de BLOODSTAR, farouche guerrier du peuple des AESIRS, et des épreuves dressées sur son chemin par les hommes et une nature impitoyable, qu’il affrontera pour écrire sa légende.

LA CAMPAGNE :

Comme lors de nos campagnes précédentes, l’objectif de cette campagne est de donner accès à TOUS les contributeurs à une belle édition qui leur offre les meilleures conditions de lecture pour découvrir et apprécier cette œuvre.

Cette édition sera en grand format (22×30), imprimée sur un beau papier couché, avec une couverture cartonnée au dos toilé, et sera protégée par un luxueux coffret toilé et sérigraphié.

Seront également proposés avec cette édition :

  • un tiré-à-part exclusif à cette édition,
  • Un cahier iconographique de 24 pages, composé de reproductions de planches originales en couleurs, telles que nous les avons retrouvées et rescannées, et de photos inédites.
  • Des sets de goodies : cartes postales et marque-pages, représentant des gros plans en couleurs d’illustrations marquantes tirées des planches originales, qui vous permettront d’apprécier en détail la beauté et la richesse du travail graphique de CORBEN.

Cette édition sera imprimée à 1050 exemplaires numérotés, dont 1000 exemplaires seront mis en vente lors de cette campagne. Si vous êtes encore plus nombreux, rassurez-vous, nous serons heureux d’augmenter le tirage à l’issue de la campagne. Une fois celle-ci terminée, il n’y aura plus de réédition de cet ouvrage, alors ne le loupez pas !

Une Edition Spéciale BIBLIOPHILIE et des reproductions en estampe numérique de la peinture de couverture !

Ayant constaté un incroyable enthousiasme pour ces éditions lors de la campagne MURKY WORLD, nous sommes heureux de vous proposer à nouveau un tirage exceptionnel de BLOODSTAR dans des éditions destinées aux passionnés, collectionneurs de beaux livres (bibliophilie).

15 Exemplaires de cette édition seront mis en vente lors de cette campagne, d’un tirage limité à 60 exemplaires maximum.

Réalisées en collaboration avec l’atelier d’impression de Laurent Hennebelle spécialisé dans les éditions d’art, cet ouvrage exceptionnel au tirage ultra-limité proposera une reproduction « brute » aux encres pigmentaires des planches originales lettrées, dans leur format original. Ultra-luxueuse, elle aura les caractéristiques suivantes: grand format (environ 30×40), impression sur papier 100% coton (220g), dos toilé sérigraphié et tirage numéroté, pressage et façonnage à la main.

L’intérieur sera imprimé en couleurs afin de restituer au mieux le travail de l’artiste tel qu’on peut l’apprécier en contemplant les planches originales.

Enfin, cette édition sera aussi accompagnée de son tiré-à-part grand format.

Richard Corben, devant le tableau qui servira de couverture à Bloodstar (1976). Photo Roy Inman.

Une estampe grand format (50×70) de la couverture originale.

Cette campagne est également l’occasion de vous propose une reproduction en grand format de la peinture de couverture.

Imprimée aux encres pigmentaires sur papier Hahnemühle (310g), accompagnée de son certificat d’impression en digigraphie, cette reproduction en tirage d’art vous permettra d’admirer dans une qualité époustouflante le travail de peinture et de couleur effectué par Richard CORBEN, dans des conditions quasi-identiques à la pièce originale.

De même, cette impression luxueuse sera limitée et numérotée (max 100 exemplaires, tirage en fonction des commandes). 

Accès à la campagne (démarrage le 6 septembre à 18h) :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/bloodstar-le-chef-d-oeuvre-de-fantasy-de-richard-corben-d-apres-robert-e-howard


LES AUTEURS :

Richard CORBEN est un immense auteur de BD nourri et passionné par la culture fantastique sous toutes ses formes (littérature, BD, films, magazines pulps, etc). Auteur indépendant, il a mené la quasi-totalité de sa carrière artistique en dehors du circuit des éditeurs majeurs de comics américains, préférant explorer librement ses propres univers imaginaires.

Bien qu’ayant fortement marqué les lecteurs français de Metal Hurlant ou USA Magazine dans les années 1970 et 1980, grâce à des œuvres telles que DEN, BLOODSTAR ou LES MILLE ET UNE NUITS, il a longtemps été « introuvable » de notre côté de l’Atlantique.

Depuis 2013, tous ses derniers travaux ont retrouvé le chemin des librairies grâce aux Editions DELIRIUM, jusqu’à MURKY WORLD, dernière création publiée de son vivant, encore uniquement disponible en français, à ce jour.

Au sommet de son art, son retour au premier plan de la BD indépendante a été récompensé par ses pairs en 2018 du Grand Prix du festival de la ville d’Angoulême, ultime consécration de son immense carrière d’artiste.

Richard CORBEN nous a quittés en décembre 2020.

 

Robert E. HOWARD est l’un des piliers fondateurs de la fantasy moderne. Né en 1906 et mort à 30 ans en 1936, son oeuvre est incroyablement riche et d’un volume considérable, malgré une courte période de production d’environ 15 ans. Des dizaines de nouvelles ont été publiées dans les magazines « pulps » de l’époque tels que Weird Tales, Argosy ou Oriental Stories, et couvrent des genres très variés allant de la fantasy pure, aux aventures historiques, orientales, histoires fantastiques, d’horreur, de boxe…

Ses personnages et son style unique ont marqué l’imaginaire de générations de lecteurs passionnés et font partie de la culture populaire, avec des créations devenues iconiques telles que CONAN LE BARBARE, KULL le Roi Atlante, l’aventurier puritain SOLOMON KANE et bien d’autres.

Auteur magique par sa capacité à nous transporter dans des univers fictifs à la force évocatrice incomparable, nous devons la découverte de la plus grande partie de son oeuvre en France à François TRUCHAUD, à la fois comme traducteur et éditeur.


A PROPOS DE CETTE EDITION DE BLOODSTAR

Œuvre majeure de CORBEN, BLOODSTAR est une œuvre incroyablement forte et riche à plus d‘un titre.

CORBEN nous confiait il y a quelques années, avec une pointe d’amertume, que cette œuvre était l’une des plus belles qu’il ait réalisée. Pointe d’amertume, car le livre n’a plus jamais été réédité depuis le début des années 1980, l’éditeur d’alors ayant cessé son activité et ayant complètement changé de domaine.

Passionné autant par l’œuvre de Richard CORBEN que celle de R.E. HOWARD, DELIRIUM s’est attaché depuis près de 10 ans à redonner vie à ce chef-d’œuvre de fantasy, à la croisée parfaite des univers de deux auteurs qui ne pouvaient que se rencontrer tant ils partagent la même perception de la nature humaine et de la civilisation.

Dix ans consacrés à retrouver l’ayant-droit, le convaincre de sortir de sa « retraite éditoriale », localiser les planches originales, puis les faire scanner par José VILLARRUBIA qui a accepté notre proposition de le faire une fois le projet lancé pour de bon, et que l’on remercie au passage une fois de plus !

On retrouve à la fois dans BLOODSTAR la force et le souffle épique de HOWARD et les dessins spectaculaires et évocateurs de CORBEN, et leur fusion « est totale » comme le dit François TRUCHAUD dans sa préface. S’il a adapté le texte original avec passion dans un travail minutieux au rendu magistral, CORBEN l’a aussi enrichi grâce à l’inspiration de celle qui l’aura accompagné toute son existence, son épouse DONA, à qui il a dédié cette oeuvre.

Comme nous en donnions une petite indication dans les lignes précédentes, cette édition de BLOODSTAR sera également enrichie d’une préface de François TRUCHAUD. Bien qu’il nous ait quittés en 2020, cet acteur incontournable pour tous les amateurs de Robert. E. HOWARD ne pouvait qu’être associé à cette édition que nous avions envisagée avec lui il y a près de 10 ans.

Dans l’attente de ce projet, il nous avait alors écrit une préface lumineuse, mais les temps de recherches et de négociations particulièrement longs nous ont malheureusement privés d’une plus grande collaboration.

Rendons-lui donc aussi hommage à cette occasion, car c’est en effet grâce à son travail et sa passion sans limite que l’œuvre de Robert E. HOWARD est arrivée en France à partir des années 1970. Suscitant passions de lecteurs et vocations d’éditeurs ou de traducteurs toujours à l’œuvre aujourd’hui sur les créations de l’un des véritables pères de la Fantasy, François TRUCHAUD a traduit avec un souffle épique inégalé et publié 36 volumes (!) d’oeuvres de Robert E. HOWARD dans les mythiques éditions NéO Fantastique, dont une large partie n’a toujours pas été rééditée à ce jour !

S’il n’a finalement pas pu traduire BLOODSTAR, nous avons heureusement eu le plaisir de confier sa traduction à Doug HEADLINE. Il partage cette même passion pour toutes les littératures de genre qui constituent son « environnement naturel ». Doug écrit avec une verve innée et son style correspond tout aussi merveilleusement aux récits « de genre », tels que le fantastique ou, comme c’est le cas ici, à l’œuvre de Robert E. HOWARD.

Accès à la campagne (démarrage le 6 septembre à 18h) :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/bloodstar-le-chef-d-oeuvre-de-fantasy-de-richard-corben-d-apres-robert-e-howard

 

Vietnam Journal, une plongée surréaliste dans l’enfer de la guerre : retrouvez l’interview de DELIRIUM dans Cases d’Histoire

Depuis plusieurs années, la guerre du Vietnam a déserté les rayons de bandes dessinées. Depuis le livre de Joe Kubert, le thème est peu abordé sauf par Vietnam Journal, la formidable série de Don Lomax que publie depuis trois ans les Éditions Delirium. Après la Grande Guerre de Charlie et Johnny Red, c’est la troisième série de guerre que l’éditeur Laurent Lerner a déniché dans la production des comics anglo-saxons.

Cases d’Histoire avait déjà parlé des tomes 1 et 2 de Vietnam Journal *. Pour en savoir plus sur la série et sur son auteur, nous avons rencontré Laurent Lerner, le créateur et directeur des Editions Delirium.

Cette interview a été réalisée par Stéphane Dubreil pour le site spécialisé Cases d’Histoire.


Laurent Lerner au Festival d’Angoulême ©Stéphane Mahot

Cases d’Histoire : Comment avez-vous découvert cette série ?

Laurent Lerner : J’ai découvert cette série en 1993 lorsque Dark Horse a sorti un numéro intitulé The New Two-Fisted Tales, en hommage au fabuleux comic book des années 1950 publié à l’origine par EC Comics. Je n’avais jamais vu de comics de la série Vietnam Journal, qui ne devait alors quasiment pas être importée en France ou sinon en très petite quantité.

Ce seul numéro de New TFT finalement publié, proposait une histoire, “Extraction” (publiée dans Vietnam Journal Vol. 3), qui m’a permis de découvrir Don Lomax et son travail. Par la suite, je me suis rendu compte que cette série était extrêmement réputée, même si elle était très peu connue, et j’ai eu envie d’en découvrir plus. Et là, le choc !

CdH : Qu’est-ce qui vous a séduit ?

LL : On voyait très peu de choses à l’époque sur la Guerre du Vietnam, et les rares productions que l’on pouvait trouver étaient soit très édulcorées pour pouvoir rester dans le champ du divertissement (comme The ‘Nam chez Marvel, une des rares BD consacrées au conflit) et donc assez frustrantes en fin de compte, soit rentraient dans une relecture souvent assez primaire et mâtinée de sentiment de revanche. Au cinéma on se souvient ainsi des tristes Rambo 2 ou Portés Disparus, notamment, ou à l’inverse d’œuvres un peu trop moralisatrices à mon goût, comme le film Full Metal Jacket de Kubrick (ce qui ne l’empêche pas d’être incroyablement réalisé, car c’est toujours Kubrick). Heureusement, il y avait le chef d’œuvre Apocalypse Now, qui paradoxalement était un des films produits les plus tôt après le conflit, mais on voulait en voir plus !

Vietnam Journal, publié à la fin des années 1980, nous plonge dans le conflit à hauteur d’homme et décrit des faits, le plus simplement possible, la plupart du temps sans jugement, quel que soit le camp dans lequel figurent les protagonistes.

La force de cette série se révèle à partir du moment où on accepte que l’homme est faillible et qu’il est placé dans un contexte inconnu et des situations extrêmement tendues ou la moindre réaction peut avoir des conséquences très lourdes. Elle décrit avec beaucoup de précision ce contexte, ce poids permanent qui pèse sur chaque action et dans chaque situation en nous y immergeant complètement, et on suit les évènements tels qu’ils se produisent, sans fard ni recherche de sensationnalisme ou de spectaculaire.

 C’est avant tout un témoignage extrêmement riche et détaillé, assez surprenant en BD par son traitement et son format : avec près de mille pages en tout pour la première série, prévue en 8 volumes (le 5 arrive à la fin de l’été) et 600 pages pour la deuxième série. On est très loin du simple divertissement auquel on associe souvent la BD, même si on est vite captivé et on la lit avec fluidité une fois qu’on est lancé. On y retrouve l’atmosphère et le ton des grands classiques littéraires signés par des vétérans ou reporters de guerre (Michael Herr ou J. Del Vecchio par exemple), ou de la brillante série-documentaire de Ken Burns.

CdH : Qui est l’auteur ?

LL – Don Lomax est lui-même un vétéran du conflit, où il a été envoyé en 1965 avec les Marines. Il est rentré, comme de nombreux vétérans, marqué par cette expérience, et a entretenu aussi bien sur place que de retour aux États-Unis un regard extrêmement acéré sur la guerre, les hommes qui y participaient ou encore le contexte civil et politique de l’époque.

Essayant de maintenir une distance entre tous les conflits idéologiques alors en jeu, il s’est avant tout consacré à décrire ce qu’ils vivaient sur place et ce à quoi ils étaient confronté, recueillant souvenirs et témoignages de ses compatriotes pendant des années. Assez âgé désormais (77 ans), il vit toujours avec ce conflit et sa volonté de témoigner à travers une œuvre toujours aussi forte.

CdH : Quelles sont les différences avec les autres BD sur le Vietnam ?

LL – A ma connaissance, il y en a assez peu, finalement, en dehors de The ‘Nam, cité précédemment, tentative née dans la deuxième partie des années 1980, et dont le côté édulcoré montrait bien à quel point l’approche du sujet était difficile. Au-delà d’une curiosité initiale lors de son lancement, son succès plus que relatif souligne également un certain désintérêt du lectorat grand public pour cette approche.

Le conflit au Vietnam (1965-1973) a eu lieu à une époque où les comics étaient assez surveillés dans un contexte où l’opinion publique était au tournant des années 1970 plus que divisée et polarisée, un peu comme ce que l’on peut voir aujourd’hui dès que l’on aborde des sujets politiques ou liés à des conflits internationaux.

Par la suite, la Guerre du Vietnam, toujours un sujet sensible, était survolée rapidement dans le cadre de BD qui restaient cantonnées à d’autres genres (policier ou série noire, aventures ou encore super héros). Des flashbacks, par exemple, permettaient de comprendre l’origine ou la psychologie d’un personnage, ou le point de départ d’une intrigue d’aventure, d’espionnage ou d’action. On était loin du sujet fédérateur qui légitimait par lui-même la création d’un personnage ou d’une série, tel que la Seconde Guerre mondiale, toujours aussi populaire, et dont le positionnement des camps et des protagonistes était bien plus lisible.

Vietnam Journal, en se rapprochant du témoignage historique, sortait du cadre souvent plus accessible du divertissement et de la glorification des vainqueurs, en s’adressant en priorité à un lectorat qui allait chercher autre chose. Et l’ampleur de ce qu’elle décrit sur plus de 1500 pages, quand on compte les deux séries, en fait une œuvre assez unique. Je ne vois pas d’équivalent, et il y en a assez peu finalement, quel que soit le conflit traité, il me semble.

CdH : Est-ce qu’il y a une forme de continuité avec les autres récits de guerre publiés par Délirium ?

LL – C’est évidemment la seule série que nous publions sur la Guerre du Vietnam, dans un catalogue surtout consacré à la BD de genre en général (guerre, mais aussi série-noire, fantastique, science-fiction, épouvante). En revanche, sur un plan éditorial, plus que sur la thématique de la guerre, il y a une continuité, oui. C’est en effet une œuvre personnelle qui est, à mes yeux, intègre. L’auteur s’implique totalement dans ce qu’il décrit, sans chercher le consensus. Il ne cherche pas à recueillir le plus de « pouces levés » comme sur un réseau social, ou un produit fortement marketté, mais à dire ce qu’il a à dire, du mieux possible, en espérant que les lecteurs comprennent un peu mieux une époque, ou un contexte particulier. Après, libre à vous d’exercer votre esprit critique et d’aimer ou pas. C’est une approche que j’aime en tant qu’éditeur et en tant que lecteur.

CdH : D’où vous vient cette passion des comics anglo-saxon ?

LL – Comme beaucoup de lecteurs qui avaient la chance d’avoir un pied de chaque côté de la Manche, je lisais enfant autant de BD franco-belges que de comics. J’aime toujours autant les BD anglo-saxonnes, par leur variété qui va (heureusement !!) bien au-delà des histoires de super héros. D’ailleurs, là se trouve la grande difficulté en tant qu’éditeur : montrer aux lecteurs que c’est un univers où tous les genres et les auteurs se côtoient, tout comme le manga qui ne propose pas que Naruto ou One Piece ou nos BD franco-belges, qui ne proposent pas que Tintin ou Astérix. C’est bien intégré pour les lecteurs francophones pour ces catégories de BD, mais c’est encore difficile pour la BD anglo-saxonne, où l’industrie lourde US avec Marvel et DC écrase notre perception de la production. C’est ce que nous essayons de faire, avec de la BD anglaise notamment ou de la BD de genre américaine qui reste indépendante.

CdH : Combien de volumes va compter cette série ?

LL – Il y en aura huit en tout pour la première série, et cinq pour la seconde. Nous venons de publier le quatrième volume en mars, le cinquième est prévu pour fin août. Nous espérons désormais pouvoir publier deux volumes par an.

Déjà parus :


 

 

 

 

  

 

* : Vietnam Journal, le bourbier vietnamien aux côtés des GI’s en 1967 et Vietnam Journal, ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés…


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Voici enfin NEXUS, le chef-d’œuvre de Mike BARON et Steve RUDE.

 

Série acclamée outre-Atlantique tout au long de sa parution et multirécompensée, elle est ici proposée pour la première fois aux lecteurs francophones.

Aventures intersidérales, fable politique visionnaire ou méditation sur la solitude liée au pouvoir, NEXUS plonge le lecteur dans un univers incroyablement riche, à la fois futuriste et « vintage », grâce aux scénarios de Mike BARON et aux sublimes dessins de Steve RUDE, inspiré notamment par le grand Alex TOTH.

Série emblématique de l’explosion du comics indépendant qui allait révolutionner l’industrie au début des années 1980, NEXUS est l’une des créations les plus illustres de cette « nouvelle vague » qui allait remporter six EISNER AWARDS au long de sa parution entre 1988 et 2008, notamment pour le meilleur dessin (à plusieurs reprises !) et le meilleur scénario.