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Vietnam Journal, une plongée surréaliste dans l’enfer de la guerre : retrouvez l’interview de DELIRIUM dans Cases d’Histoire

Depuis plusieurs années, la guerre du Vietnam a déserté les rayons de bandes dessinées. Depuis le livre de Joe Kubert, le thème est peu abordé sauf par Vietnam Journal, la formidable série de Don Lomax que publie depuis trois ans les Éditions Delirium. Après la Grande Guerre de Charlie et Johnny Red, c’est la troisième série de guerre que l’éditeur Laurent Lerner a déniché dans la production des comics anglo-saxons.

Cases d’Histoire avait déjà parlé des tomes 1 et 2 de Vietnam Journal *. Pour en savoir plus sur la série et sur son auteur, nous avons rencontré Laurent Lerner, le créateur et directeur des Editions Delirium.

Cette interview a été réalisée par Stéphane Dubreil pour le site spécialisé Cases d’Histoire.


Laurent Lerner au Festival d’Angoulême ©Stéphane Mahot

Cases d’Histoire : Comment avez-vous découvert cette série ?

Laurent Lerner : J’ai découvert cette série en 1993 lorsque Dark Horse a sorti un numéro intitulé The New Two-Fisted Tales, en hommage au fabuleux comic book des années 1950 publié à l’origine par EC Comics. Je n’avais jamais vu de comics de la série Vietnam Journal, qui ne devait alors quasiment pas être importée en France ou sinon en très petite quantité.

Ce seul numéro de New TFT finalement publié, proposait une histoire, “Extraction” (publiée dans Vietnam Journal Vol. 3), qui m’a permis de découvrir Don Lomax et son travail. Par la suite, je me suis rendu compte que cette série était extrêmement réputée, même si elle était très peu connue, et j’ai eu envie d’en découvrir plus. Et là, le choc !

CdH : Qu’est-ce qui vous a séduit ?

LL : On voyait très peu de choses à l’époque sur la Guerre du Vietnam, et les rares productions que l’on pouvait trouver étaient soit très édulcorées pour pouvoir rester dans le champ du divertissement (comme The ‘Nam chez Marvel, une des rares BD consacrées au conflit) et donc assez frustrantes en fin de compte, soit rentraient dans une relecture souvent assez primaire et mâtinée de sentiment de revanche. Au cinéma on se souvient ainsi des tristes Rambo 2 ou Portés Disparus, notamment, ou à l’inverse d’œuvres un peu trop moralisatrices à mon goût, comme le film Full Metal Jacket de Kubrick (ce qui ne l’empêche pas d’être incroyablement réalisé, car c’est toujours Kubrick). Heureusement, il y avait le chef d’œuvre Apocalypse Now, qui paradoxalement était un des films produits les plus tôt après le conflit, mais on voulait en voir plus !

Vietnam Journal, publié à la fin des années 1980, nous plonge dans le conflit à hauteur d’homme et décrit des faits, le plus simplement possible, la plupart du temps sans jugement, quel que soit le camp dans lequel figurent les protagonistes.

La force de cette série se révèle à partir du moment où on accepte que l’homme est faillible et qu’il est placé dans un contexte inconnu et des situations extrêmement tendues ou la moindre réaction peut avoir des conséquences très lourdes. Elle décrit avec beaucoup de précision ce contexte, ce poids permanent qui pèse sur chaque action et dans chaque situation en nous y immergeant complètement, et on suit les évènements tels qu’ils se produisent, sans fard ni recherche de sensationnalisme ou de spectaculaire.

 C’est avant tout un témoignage extrêmement riche et détaillé, assez surprenant en BD par son traitement et son format : avec près de mille pages en tout pour la première série, prévue en 8 volumes (le 5 arrive à la fin de l’été) et 600 pages pour la deuxième série. On est très loin du simple divertissement auquel on associe souvent la BD, même si on est vite captivé et on la lit avec fluidité une fois qu’on est lancé. On y retrouve l’atmosphère et le ton des grands classiques littéraires signés par des vétérans ou reporters de guerre (Michael Herr ou J. Del Vecchio par exemple), ou de la brillante série-documentaire de Ken Burns.

CdH : Qui est l’auteur ?

LL – Don Lomax est lui-même un vétéran du conflit, où il a été envoyé en 1965 avec les Marines. Il est rentré, comme de nombreux vétérans, marqué par cette expérience, et a entretenu aussi bien sur place que de retour aux États-Unis un regard extrêmement acéré sur la guerre, les hommes qui y participaient ou encore le contexte civil et politique de l’époque.

Essayant de maintenir une distance entre tous les conflits idéologiques alors en jeu, il s’est avant tout consacré à décrire ce qu’ils vivaient sur place et ce à quoi ils étaient confronté, recueillant souvenirs et témoignages de ses compatriotes pendant des années. Assez âgé désormais (77 ans), il vit toujours avec ce conflit et sa volonté de témoigner à travers une œuvre toujours aussi forte.

CdH : Quelles sont les différences avec les autres BD sur le Vietnam ?

LL – A ma connaissance, il y en a assez peu, finalement, en dehors de The ‘Nam, cité précédemment, tentative née dans la deuxième partie des années 1980, et dont le côté édulcoré montrait bien à quel point l’approche du sujet était difficile. Au-delà d’une curiosité initiale lors de son lancement, son succès plus que relatif souligne également un certain désintérêt du lectorat grand public pour cette approche.

Le conflit au Vietnam (1965-1973) a eu lieu à une époque où les comics étaient assez surveillés dans un contexte où l’opinion publique était au tournant des années 1970 plus que divisée et polarisée, un peu comme ce que l’on peut voir aujourd’hui dès que l’on aborde des sujets politiques ou liés à des conflits internationaux.

Par la suite, la Guerre du Vietnam, toujours un sujet sensible, était survolée rapidement dans le cadre de BD qui restaient cantonnées à d’autres genres (policier ou série noire, aventures ou encore super héros). Des flashbacks, par exemple, permettaient de comprendre l’origine ou la psychologie d’un personnage, ou le point de départ d’une intrigue d’aventure, d’espionnage ou d’action. On était loin du sujet fédérateur qui légitimait par lui-même la création d’un personnage ou d’une série, tel que la Seconde Guerre mondiale, toujours aussi populaire, et dont le positionnement des camps et des protagonistes était bien plus lisible.

Vietnam Journal, en se rapprochant du témoignage historique, sortait du cadre souvent plus accessible du divertissement et de la glorification des vainqueurs, en s’adressant en priorité à un lectorat qui allait chercher autre chose. Et l’ampleur de ce qu’elle décrit sur plus de 1500 pages, quand on compte les deux séries, en fait une œuvre assez unique. Je ne vois pas d’équivalent, et il y en a assez peu finalement, quel que soit le conflit traité, il me semble.

CdH : Est-ce qu’il y a une forme de continuité avec les autres récits de guerre publiés par Délirium ?

LL – C’est évidemment la seule série que nous publions sur la Guerre du Vietnam, dans un catalogue surtout consacré à la BD de genre en général (guerre, mais aussi série-noire, fantastique, science-fiction, épouvante). En revanche, sur un plan éditorial, plus que sur la thématique de la guerre, il y a une continuité, oui. C’est en effet une œuvre personnelle qui est, à mes yeux, intègre. L’auteur s’implique totalement dans ce qu’il décrit, sans chercher le consensus. Il ne cherche pas à recueillir le plus de « pouces levés » comme sur un réseau social, ou un produit fortement marketté, mais à dire ce qu’il a à dire, du mieux possible, en espérant que les lecteurs comprennent un peu mieux une époque, ou un contexte particulier. Après, libre à vous d’exercer votre esprit critique et d’aimer ou pas. C’est une approche que j’aime en tant qu’éditeur et en tant que lecteur.

CdH : D’où vous vient cette passion des comics anglo-saxon ?

LL – Comme beaucoup de lecteurs qui avaient la chance d’avoir un pied de chaque côté de la Manche, je lisais enfant autant de BD franco-belges que de comics. J’aime toujours autant les BD anglo-saxonnes, par leur variété qui va (heureusement !!) bien au-delà des histoires de super héros. D’ailleurs, là se trouve la grande difficulté en tant qu’éditeur : montrer aux lecteurs que c’est un univers où tous les genres et les auteurs se côtoient, tout comme le manga qui ne propose pas que Naruto ou One Piece ou nos BD franco-belges, qui ne proposent pas que Tintin ou Astérix. C’est bien intégré pour les lecteurs francophones pour ces catégories de BD, mais c’est encore difficile pour la BD anglo-saxonne, où l’industrie lourde US avec Marvel et DC écrase notre perception de la production. C’est ce que nous essayons de faire, avec de la BD anglaise notamment ou de la BD de genre américaine qui reste indépendante.

CdH : Combien de volumes va compter cette série ?

LL – Il y en aura huit en tout pour la première série, et cinq pour la seconde. Nous venons de publier le quatrième volume en mars, le cinquième est prévu pour fin août. Nous espérons désormais pouvoir publier deux volumes par an.

Déjà parus :


 

 

 

 

  

 

* : Vietnam Journal, le bourbier vietnamien aux côtés des GI’s en 1967 et Vietnam Journal, ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés…


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Voici enfin NEXUS, le chef-d’œuvre de Mike BARON et Steve RUDE.

 

Série acclamée outre-Atlantique tout au long de sa parution et multirécompensée, elle est ici proposée pour la première fois aux lecteurs francophones.

Aventures intersidérales, fable politique visionnaire ou méditation sur la solitude liée au pouvoir, NEXUS plonge le lecteur dans un univers incroyablement riche, à la fois futuriste et « vintage », grâce aux scénarios de Mike BARON et aux sublimes dessins de Steve RUDE, inspiré notamment par le grand Alex TOTH.

Série emblématique de l’explosion du comics indépendant qui allait révolutionner l’industrie au début des années 1980, NEXUS est l’une des créations les plus illustres de cette « nouvelle vague » qui allait remporter six EISNER AWARDS au long de sa parution entre 1988 et 2008, notamment pour le meilleur dessin (à plusieurs reprises !) et le meilleur scénario.

DELIRIUM au FESTIVAL D’ANGOULEME du 17 au 20 Mars 2022

Nous y sommes enfin: après deux ans d’attente, le festival de BD d’Angoulême se tiendra cette semaine, calé tout juste avec l’arrivée du printemps !Et comme tous les ans nous serons bien présents, toujours au même endroit dans la bulle Nouveau Monde, au stand N34, juste en face de l’entrée du théâtre.Pour ceux d’entre vous qui feront le déplacement, nous aurons quelques belles éditions que nous tiendrons à votre disposition:

– les derniers exemplaires de l’édition imitée de MURKY WORLD de Richard CORBEN en coffret, titre qui on vous le rappelle, n’existe à ce jour que dans cette édition française!– toujours de l’auteur Grand Prix d’Angoulême 2018, les derniers exemplaires de l’intégrale Anniversaire des histoires qu’il a réalisées pour les magazines cultes CREEPY & EERIE. Nous vous le rappelons, cette édition grand format publiée fin 2021 pour les 10 ans de DELIRIUM est épuisée!– nous aurons aussi nos nouveautés, le superbe DREDD CONTROLE, de Rob WILLIAMS et Chris WESTON, ainsi que le tout nouveau VIETNAM JOURNAL Vol. 4, qui sort cette semaine!Et bien sûr, n’oublions pas PANORAMA, de Michel FIFFE, sélectionné en compétition officielle!Vous êtes les bienvenus sur notre stand où nous vous accueillerons avec Mika et Charles dès jeudi jusqu’à dimanche soir. Nous espérons vous voir nombreux pour cette édition printanière exceptionnelle!

PANORAMA de Michel FIFFE en sélection Officielle à Angoulême !

Le talent de MICHEL FIFFE est enfin à l’honneur dans nos frontières avec la sélection de PANORAMA, œuvre fantastico-horrifique, en compétition officielle au prochain festival de la BD d’Angoulême !
Si vous ne connaissez pas encore cette véritable pépite
parue chez DELIRIUM en avril cette année et signée par l’auteur du superbe COPRA (également disponible depuis septembre), vous pouvez le découvrir ici.
Laissez-vous surprendre à votre tour par cette œuvre intense de MICHEL FIFFE, auteur que vous êtes de plus en plus nombreux à adorer !
Accrochez-vous et bonne découverte!


Sélection officielle Angoulème 2022

L’Intégrale de la Bataille de la Somme à nouveau disponible !

Après le succès rencontré par l’Intégrale de la Bataille de la Somme, de la Grande Guerre de Charlie, épuisée dès sa parution en juin, nous sommes heureux de vous annoncer que le chef d’œuvre de PAT MILLS et JOE COLQUHOUN vient d’être réédité et est à nouveau disponible chez tous les bons libraires.

S’ils ne l’ont pas encore, vous pouvez le leur commander en leur précisant le nouveau numéro ISBN: 979-10-90916-71-5, ou le commander ici :

En vous souhaitant de très bonnes fêtes !

RICHARD CORBEN 1940-2020

C’est avec une profonde tristesse que nous vous informons de la disparition, mercredi 2 décembre, de Richard CORBEN.

 

Voici l‘annonce de son épouse Dona, qui a été communiqué hier :

C’est avec une grande tristesse et un profond sentiment de perte que je dois partager  cette triste nouvelle : Richard Corben est mort le 2 décembre 2020 après une opération de chirurgie cardiaque. Il manquera terriblement à sa famille, à ses amis et à ses fans.

Richard appréciait grandement l’amour que vous, ses fans, portiez à son art. Votre soutien au fil des décennies comptait beaucoup à ses yeux. Il a tenté de vous en remercier en travaillant assidument sur chaque réalisation qui vous était destinée. Et si Richard nous a quittés, son œuvre  perdurera, et son souvenir vivra à jamais dans nos cœurs.

Je continuerai à organiser des ventes de dessins via le site internet des Corben Studios, corbencomicart.com. Je gérerai également le processus ininterrompu de publication de ses œuvres à l’international. S’il vous plait, veuillez nous laisser, à moi et à ma famille, un peu de temps pour nous remettre, et nous reviendrons vers vous en 2021.

Dona Corben

 

Né en 1940 dans le Missouri, il a grandi en nourrissant une véritable passion pour le fantastique, la science-fiction et l’épouvante, sous toutes ses formes : cinéma, littérature, comics (grâce notamment aux classiques EC comics).

Dans les années 1960, il a tout d’abord commencé à travailler dans une société de production de films institutionnels mais le lancement des magazines « pour adultes » de l’éditeur Jim WARREN, CREEPY et EERIE, qui allaient bouleverser le lectorat international de comics jusqu’en Europe, vont le décider à franchir le pas et se lancer dans une carrière consacrée à la bande dessinée. Il proposera ainsi à Warren de nombreuses histoires et dessins, tout en contribuant à des fanzines underground, parfois auto-publiés.

Dès ses premières histoires publiées dans CREEPY et EERIE en 1970, la carrière de Richard CORBEN allait littéralement décoller. Il allait non seulement devenir un pilier de ces titres cultes, mais sa renommée allait atteindre rapidement nos frontières.

Tout d’abord dans ACTUEL, en 1972, puis dans le magazine devenu phare METAL HURLANT, à partir de 1975 où il allait exploser et qui publiera l’œuvre qui le révèlera, DEN.

Dès lors s‘enchaîneront des titres devenus tout aussi cultes tout au long des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990, tels que les 1001 Nuits (1979), Bloodstar (1981) toujours chez les Humanoides Associés, ou encore Jeremy Brood (1984), Vic & Blood (1989) ou Temps Déchiré (1991) publiés par l’éditeur Fershid Bharucha.

Dans le courant des années 1990, la faillite de sa maison d’édition, FANTAGOR, grâce à laquelle il pouvait se consacrer en totale indépendance à ses créations, va le faire entrer dans une période plus difficile.

Néanmoins, au cours de cette période allant jusqu’aux années 2000, de l’autre côté de l’Atlantique, grâce à certains auteurs et éditeurs admiratifs de son travail alors en place chez Marvel et DC, il aura alors l’occasion de collaborer à quelques travaux, plus alimentaires, mais qu’il signera avec toujours le même perfectionnisme (ce sont essentiellement Hulk, Hellblazer, et surtout Punisher : The End et La Maison au Bord du Monde adapté de W.Hope Hodgson qui marqueront les esprits).

L’éditeur indépendant Dark Horse Comics lui offrira également en parallèle à partir de la fin des années 1990  la possibilité de travailler sur des titres plus proches de ses aspirations, en collaborant notamment à Hellboy avec Mike Mignola (ici chez Delcourt), grand amateur de son œuvre, ou en publiant ses dernières créations.

En France, en dehors de ces séries connues du grand public, les « gros » éditeurs ne le publient plus depuis le début des années 1990 mais les amateurs de ses travaux peuvent heureusement continuer à découvrir ses dernières créations grâce au micro-éditeur passionné TOTH qui publie 5 titres entre 1999 et 2003, puis deux derniers ouvrages en 2005 (Solo) et 2006 (Bigfoot).

Dès lors, il nous faudra attendre 2013 pour que DELIRIUM se penche à nouveau sur ses travaux, avec tout d’abord deux anthologies rassemblant les histoires publiés dans EERIE et CREEPY au début des années 1970, avec de nombreuses planches restaurées, puis une première création inédite, Ragemoor (février 2014).

Cette histoire complète réalisée avec son ami de longue date Jan STRNAD et réalisée en N&B, (tous deux étaient alors convaincus qu’aucun éditeur ne voudrait investir dans la publication d’une histoire en couleurs !) marquera le début de la redécouverte de son œuvre.

 

Au sommet de son art, Richard CORBEN reviendra dès lors explorer avec passion et en totale liberté les thématiques fondatrices de son œuvre, le fantastique et l’épouvante, dans une succession d’hommages aux auteurs qui le nourrissent depuis toujours, tels Edgar ALLAN POE (ESPRITS DES MORTS, 2015, qu’il considère alors comme faisant partie de ses plus beaux travaux), H.P. LOVECRAFT (RATGOD, 2016), le double recueil paru en 2018 GRAVE Les Contes du Cimetière (hommage aux EC Comics des années 50) et DENAEUS (création de « fantasy » dans la filiation de son œuvre DEN).

Son dernier titre, MURKY WORLD, qui vient tout juste de paraître (Novembre 2020) avant même la fin de sa parution dans le magazine Heavy Metal aux US, est rassemblée dans un recueil exclusif en France à ce jour et est une œuvre testament, sorte de boucle initiatique ouverte, graphiquement époustouflante, sur laquelle il travaillait depuis 2011.

 

Souvent incompris des experts et des critiques hexagonaux, en raison de sa position d’auteur « hors des cases », Richard CORBEN a toujours été un passionné de BD de genre.

Il a toujours exploré librement ses univers graphiques et narratifs sans tomber dans le « récit à ambition conceptuelle ». Il n’est jamais devenu non plus un auteur de comics « mainstream » ni de roman graphique intimiste ou social, au gré des modes et des tendances du marché.

Richard CORBEN a néanmoins toujours été une référence absolue pour les artistes et artisans de l’image par sa démarche artistique intègre où tout dans son travail est une quête personnelle sur les capacités du medium à retranscrire sa propre vision, sa personnalité, sa créativité et sa capacité d’innovation, en totale liberté et au-delà des codes ou d’une recherche de consensus. Il a toujours créé son monde, même quand il adaptait des auteurs qui l’ont inspiré.

Consécration reçue de son vivant, son œuvre a été saluée par ses pairs en 2018 qui ont voté pour lui attribuer le GRAND PRIX de La VILLE D’ANGOULÊME.

 

Pour conclure et saluer cet auteur avec lequel nous avons vécu depuis toujours en tant que lecteur, bien avant d’avoir le privilège de l’éditer,  nous vous proposons un extrait de la citation de Moebius, publiée en introduction à DEN LA QUÊTE (Ed. Toth, 1999)

« Je me souviens (…) du choc que nous avons tous ressenti lorsque la première planche de Richard CORBEN a littéralement jailli sous nos yeux… 

Bien sûr, le monde autour de nous n’était pas avare en évènements lourds, avec son cortège de guerres, de violences et misères, sans parler des piétinements sélénites mais au fond, tout ceci n’est que la toile de fond habituelle du train-train planétaire… Ce qui est plus rare et en fait, plus important, c’est Mozart.

Mozart ? Vous avez dit ‘’Mozart’’ ?

Je l’ai dit, et Mozart, c’est bien autre chose que l’admirable auteur de Cosi Fan Tutti, c’est, plus largement, l’intrusion dans le monde de l’Art d’une divine surprise, l’avènement inattendu d’un enfant doué, sans précédent et sans descendance unique, spécial, imitable mais inégalable et chaque fois, bien sûr, cette comète, ce météore crée un choc, un choc fatal aux dinosaures de tout poil, mais aussi capable de réveiller les endormis à la digestion laborieuse.

Richard ‘‘Mozart’’ CORBEN s’est posé au milieu de nous comme un pic extraterrestre… Il trône depuis longtemps sur le champ mouvant et bariolé de la BD planétaire comme la statue du commandeur, monolithe étrange, sublime visiteur, énigme solitaire… Et puis j’adore les héroïnes de BD dotées d’une forte poitrine. »                                     

MOEBIUS

 

BIBLIGRAPHIE TRES SELECTIVE en Français :

  • ROLF, 1975, Les Humanoïdes Associés
  • DEN, Volume 1, 1978, Les Humanoïdes Associés
  • Les Mille et Une Nuits, 1979, Les Humanoïdes Associés
  • Bloodstar, 1981, Les Humanoïdes Associés
  • Jeremy Brood, 1984, Albin Michel,
  • Vic & Blood, 1989, Comics USA
  • Temps Déchiré, 1991, Comics USA
  • Hellblazer Hard Time, 2002, Editions Toth
  • La Maison au Bord du Monde, 2003 Editions Toth
  • Punisher : La fin, 2005, Editions Panini / Marvel France
  • Intégrale HELLBOY par Richard CORBEN, 2019, Editions Delcourt.

Monographies :

  • VOLS FANTASTIQUES, de Fershid Bharucha, Ed. Neptune, 1981
  • Catalogue de l’exposition du Festival de la BD d’Angoulême, 2019

Chez DELIRIUM :

  • Anthologie EERIE & CREEPY Présentent Richard CORBEN T.1 (2013)
  • RAGEMOOR (2014)
  • Anthologie EERIE & CREEPY Présentent Richard CORBEN T.2 (2014)
  • ESPRITS DES MORTS (2015)
  • RATGOD (2016)
  • GRAVE (2018, deux éditions)
  • Intégrale MONDE MUTANT et FILS DU MONDE MUTANT (2019, deux éditions)
  • MURKY WORLD, 2020, 3 éditions.

Collection Richard Corben

MURKY WORLD

MURKY WORLD, la nouvelle épopée de fantasy signée Richard CORBEN arrive très bientôt chez DELIRIUM!

Une édition luxueuse ultra-limitée avec des créations exclusives de l’auteur est actuellement en cours de préparation.

Après le succès de la campagne effectuée pour GRAVE, les Contes du Cimetière, qui avait explosé tous les compteurs et permis de réaliser une édition qui avait soulevé l’enthousiasme de Richard CORBEN lui-même, cette édition sera réalisée avec sa contribution grâce à une campagne de financement participatif lancée très bientôt sur KissKissBankBank.

Vous pourrez ainsi découvrir cette épopée de fantasy avant même la fin de sa publication aux Etats-Unis, dans une édition intégrale et en avant-première Mondiale, enrichie de bonus exclusifs créés et publiés uniquement pour cette édition!

Lancement très prochainement!

Pour ne rien louper, suivez toutes les infos ici et sur notre page Facebook @DeliriumBD

Achats en ligne DELIRIUM

Il vous manque des ouvrages parus chez DELIRIUM il y a quelques temps et que vous ne trouvez plus en librairie ?

Bonne nouvelle, vous pouvez enfin nous commander directement les livres du catalogue sur notre site, il vous suffit juste d’avoir un compte Paypal.
Dans la fiche de chacun des titres que nous vous proposons, sous le visuel de couverture, vous trouverez les informations détaillées de l’ouvrage ainsi qu’un bouton vous permettant de le rajouter au panier.


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On vous souhaite à tous de très bonnes lectures!